XIXe siècle
Le romantisme littéraire qui apparaît en Allemagne et
en Angleterre dans le dernier quart du XVIIIe siècle gagne peu à
peu toute l’Europe. Goethe (1749-1832), le plus grand écrivain germanique
a déjà donné Werther en 1774 et le premier Faust -
si peu Classique de forme - en 1790. L’œuvre des grands poètes anglais
(Byron, Shelley, Keats) se situe dans le premier quart du XIXe siècle.
En France, l’époque romantique annoncée par J.-J. Rousseau
commence aux environs de 1820 - publication des Méditations de Lamartine
(1796-1864) -, et dure jusqu’en 1850. Chateaubriand (1768-1848) qui
écrit le Génie du Christianisme (1802) et René (1805)
en est le principal initiateur, mais Victor Hugo (1802-1885) s’en reconnaît
1e chef dans sa Préface de Cromwell (1827). Peintres et sculpteurs
français : Géricault (1791-1824), Gros (1771-1835), Delacroix
(1799-1863), participent à cette transformation du goût artistique.
Durant la première moitié du XIXe siècle, une véritable
révolution s’accomplit également dans le domaine musical.
Elle se manifeste surtout dans les pays germaniques, mais chaque nation
y participe plus ou moins, exprimant ses tendances particulières.
D’une manière générale, à la perfection abstraite,
parfois un peu froide de l’art classique, se substitue le lyrisme, manifestation
de l’individualisme, qui pousse l’artiste à transporter dans son
œuvre ses sentiments, ses états d’âme, ses joies et ses peines,
et à donner le pas à la sensibilité et à l’imagination
sur la raison. Les sources d’inspiration se renouvellent, un langage original
se forge. Les premiers romantiques essaient de couler leur pensée
dans le moule classique traditionnel, mais bientôt, rompant avec
ces formes anciennes, de construction rigide, ils s’en éloignent
délibérément.