Depuis la plus haute antiquité la virtuosité vocale a
toujours séduit les foules. Mais à partir du XVIIIe siècle,
l’influence italienne et le goût du bel canto accentuent encore ce
prestige, et les théâtres parisiens s’attachent les plus grands
artistes . le ténor béarnais PIERRE JÉLYOTTE (1713-1782)
; JUSTINE FAVART (1727-1772), excellente dans les opéras-comiques,
ANTOINE TRIAL (1736-1792), ténor comique ; JEAN-BLAISE MARTIN (
1769- 1837), dont le nom demeure pour désigner les rôles qu’il
chantait : baryton Martin (baryton-ténor); JEAN ELLEVIOU (1769-1842)
; la DUGAZON qui a laissé son nom à ses rôles ; MARIE-CORNÉLIE
FALCON (1812-1897) ; les ténors rivaux ADOLPHE NOURRIT (1802-1839)
et GILBERT DUPREZ (1806-1896) ; les deux étoiles allemandes : WILHELMINE
SCHROEDER-DEVRIENT ( l804-l860) et HENRIETTE SONTAG (l806-l854) ; MARIA-FÉLICITÉ
GARCIA plus tard la MALIBRAN (l808- l835), magnifique voix de contralto
et sa sœur Pauline devenue PAULINE VIARDOT (l82l-l9l0); l’italienne JULIA
GRISI (l8l l-l869); le « rossignol suédois » ]ENNY LIND
(l820-l887) ; Mme CARVALHO (1827-l895), soprano lyrique; le baryton FAURE
(l830-l9l4); l’Espagnole ADELINA PATTI (l843-l9l9); enfin le ténor
italien ENRICO CARUSO (l873-l92l) et la basse russe FÉDOR CHALIAPINE
( l873- 1938).
Instrumentistes
La virtuosité instrumentale, en faveur à toutes les époques,
prend avec le développement des concerts un aspect nouveau.
L’apparition du forte-piano, et les derniers perfectionnements apportés
à la famille des violons par les célèbres luthiers
italiens, suscitent une abondante floraison de virtuoses, souvent aussi
connus par leur talent de compositeur que par leur valeur exceptionnelle
d’exécutant.
Parmi les pianistes, citons : CLEMENTI (1752- 1832), CZERNY (1791-1857),
MOSCHELÈS (1794-1870), CLARA SCHUMANN ( 1819-1896) et presque tous
les grands romantiques tels Chopin et Liszt. Plus près de nous,
le Russe RUBINSTEIN (1830-1894) et le Polonais PADE-REWSKI (1860-1941)
ont connu l’admiration universelle.
Les violonistes virtuoses abondent depuis le XVIIe siècle. Citons,
après les grands représentants de la technique italienne
(CORELLI, TARTINI, les Français GAVINIES, RODE, KREUTZER, BAILLOT),
le prestigieux PAGANINI (l782-1840), le Belge CHARLES DE BÉRIOT
(1802-1870), second mari de la Malibran, l’Allemand JOACHIM (1831-1907),
l’Espagnol SARASATE (1844-1908), et enfin le Liégeois EUGÈNE
YSAYE (1858-1931).
Chacun des instruments de l’orchestre a eu et possède encore
ses remarquables virtuoses, mais de toute évidence, le grand public
s’intéresse surtout aux exploits des chanteurs, des pianistes, des
violonistes, et, à un degré moindre, des violoncellistes.