Deux grands faits, la Renaissance et la Réforme, bouleversent
le XVIe siècle, une des époques les plus mouvementées
de notre développement artistique. Historiquement, la Renaissance
musicale qui donne une vie nouvelle à tous les genres créés
au Moyen Age, suit avec quelque retard celle de la littérature et
des arts plastiques, subit son influence, et n’atteint sa plénitude
que dans la seconde moitié du XVIe siècle. Depuis sa naissance,
le christianisme imposait une rigoureuse discipline aux cérémonies
religieuses et bannissait toute survivance du paganisme, considérant
la musique uniquement comme un moyen de prière. Cette contrainte
à peu près totale pendant près de quinze siècles,
provoque une sourde opposition, devenue aiguë au XVIe siècle,
et conduit à une exaltation de l’antiquité gréco-romaine,
à une interprétation humanisée de l’idéal divin,
à une plus grande liberté d’expression. Cette renaissance,
. ce mouvement « humaniste », tendent surtout à une
exaltation de la beauté, de l’individualisme, des sentiments humains,
de la nature.
Si, grâce au prestige de la papauté, les œuvres religieuses
adoptant quelques réformes gardent malgré tout leur importance,
la musique profane, s’abreuvant aux sources païennes, rompt les cadres
de la polyphonie, devient réaliste et expressive, et aboutit bientôt
à la formule moderne de la mélodie accompagnée.
En cette époque de raffinement artistique, où le mécénat
Joue un rôle déterminant, le luth acquiert ses titres de noblesse.
Peu à peu les derniers copistes disparaissent, ainsi que les derniers
enlumineurs. La naissance de l’imprimerie musicale permet une diffusion
des œuvres beaucoup plus étendue, rapide et efficace.