Instrument de musique à cordes frottées à l'aide
d'un archet ; le plus célèbre des instruments de l'orchestre.
L'archet est une fine baguette, légèrement incurvée,
d'environ 75 cm de long, réalisée dans un bois provenant
du Brésil, tendant de la pointe au talon une mèche de crins
de cheval enduite résine (colophane). Le violon possède quatre
cordes accordées à la quinte (sol, ré, la, mi, appelée
également chanterelle).
Les cordes des premiers violons étaient en boyau d'animal. Aujourd'hui,
elles peuvent également être en métal.
La famille des violons comprend la viole, l'alto,
le violoncelle et la contrebasse).
Le violon est l'instrument le plus aigu de la famille.
Anatomie et technique
Les principales parties du violon sont la table d'harmonie (aussi appelée
corps ou caisse), généralement en épicéa, le
fond, en érable, les éclisses, le manche, la touche, en ébène,
le chevillier, la volute, le chevalet, le sillet, le cordier, les ouïes
(ou esses) en forme de «f». Il est composé de près
de quatre-vingts pièces. La table, le fond et les éclisses
sont assemblés entre eux pour former une caisse creuse. Cette dernière
contient l'âme du violon, petit cylindre d'épicéa,
placée entre la table et le fond, un peu en arrière du côté
droit du chevalet (près des cordes aiguës) et la barre, qui
est une petite tige de sapin collée à l'intérieur
de la caisse, sous le côté gauche du chevalet. L'âme
et la barre jouent un rôle important du point de vue acoustique (transmission
du son) et renforcent la structure. Les quatre cordes (sol, ré,
la, mi) sont tendues depuis le cordier, de part et d'autre du chevalet,
et passent par-dessus la table d'harmonie pour finir au chevillier où
elles sont retenues par des chevilles réglables.
Le violoniste, qui tient le violon entre la clavicule et le menton,
obtient des sons de hauteur différente en plaçant les doigts
de la main gauche sur la corde et en l'appuyant contre la touche. Lorsqu'il
frotte l'archet sur les cordes, en formant un angle droit avec celles-ci
au niveau du chevalet, elles vibrent et émettent un son.
De sonorité chantante, le violon se prête aussi bien à
des pièces brillantes et rapides qu'à des mélodies
lyriques. Les violonistes peuvent également produire des effets
par différentes techniques : pizzicato, en pinçant les cordes
; tremolo, en déplaçant rapidement l'archet sur une corde
; sul ponticello, en maintenant l'archet extrêmement rapproché
du chevalet pour produire un son fin et cristallin ; col legno, en utilisant
la baguette de l'archet au lieu de la mèche ; harmoniques, en appuyant
légèrement les doigts de la main gauche sur certains points
de la corde, pour obtenir un son élevé, proche de celui de
la flûte et glissando, en faisant glisser les doigts de la main gauche
de haut en bas, le long de la corde, pour produire une série de
sons ascendants ou descendants.
Histoire
Le violon a fait son apparition en Italie, au début des années
1500. Il semble être issu de deux instruments à archet du
Moyen Âge, la vielle (vièle) et le rebec. Il est également
apparenté à la lira da braccio, instrument ressemblant au
violon, à cinq cordes mélodiques et deux bourdons. Bien qu'elle
ne soit pas son ancêtre direct, la viole,, instrument à six
cordes, muni de frettes, est également proche du violon. Apparue
en Europe avant le violon, elle cohabita avec lui pendant près de
deux cents ans. Plus probablement a-t-il pour ancêtre la cithare.
Les premiers fabricants de violons étaient des Italiens du Nord
: Gasparo da Salò (1540-1609) et Giovanni Maggini (v. 1579-1630)
de Brescia et Andrea Amati de Crémone. L'art de la fabrication du
violon atteignit son apothéose au XVIIe siècle et au début
du XVIIIe siècle dans les ateliers des Italiens Antonio Stradivari,
dit Stradivarius, et Giuseppe Guarneri, tous deux de Crémone, et
de l'Autrichien Jacob Stainer.
Comparés aux violons modernes, les premiers violons avaient
un manche plus court et plus épais, placé moins en arrière
de la table, la touche était plus courte, le chevalet plus plat
et les cordes étaient en boyau naturel. Les premiers archets étaient
également différents de ceux que nous connaissons aujourd'hui.
Les principales modifications sont intervenues aux XVIIIe et XIXe siècles,
pour donner au violon une tonalité plus forte et plus brillante.
Un certain nombre de violons des XVIIe et XVIIIe siècles ont d'ailleurs
été restaurés au XXe siècle par des instrumentistes
soucieux d'utiliser des instruments proches de ceux qu'avaient connus les
compositeurs de l'époque.
Utilisé originellement pour l'accompagnement de danses ou de
chants à deux voix, le violon fut d'abord considéré
comme un instrument de faible niveau social. Cependant, dans les années
1600, il acquit ses titres de noblesse avec des opéras tels qu'
Orfeo (1607) de Claudio Monteverdi, et à travers les musiciens du
roi de France Louis XIII, les Vingt-Quatre Violons du roi, formés
en 1626. Cette ascension du violon se poursuivit pendant toute la période
baroque, avec notamment les œuvres de nombreux violonistes-compositeurs
: Arcangelo Corelli, Antonio Vivaldi et Giuseppe Tartini en Italie, et
Heinrich Biber, Georg Philipp Telemann et Johann Sebastian Bach en Allemagne.
Le violon devint alors l'instrument majeur des principaux genres musicaux
de l'époque : solo concerto (pièce de concert pour violon
seul), concerto grosso, sonata, trio sonata et suite, ainsi que dans l'opéra.
Au milieu du XVIIIe siècle, le violon devint l'un des instruments
solistes les plus populaires de la musique européenne. Les violons
constituèrent progressivement la section majeure de l'orchestre,
et devinrent l'ensemble instrumental le plus important des âges baroque
et classique. Dans l'orchestre occidental moderne, il est toujours l'ensemble
instrumental le plus important et la famille des violons continue de représenter
plus de la moitié des musiciens.
Au cours du XIXe siècle, des violonistes virtuoses de renommée
internationale, se produisirent dans toute l'Europe. Parmi eux figurent
les artistes italiens Giovanni Viotti et Niccolò Paganini, allemands
Louis Spohr et Joseph Joachim, l'artiste espagnol Pablo de Sarasate, et
belges Henri Vieuxtemps et Eugène Ysaÿe. Au XXe siècle,
le violon a atteint de nouveaux sommets artistiques et techniques entre
les mains de virtuoses tels que Jascha Heifetz, Fritz Kreisler, Joseph
Szigeti, Mischa Elman, Nathan Milstein, Yehudi Menuhin, David Oïstrakh,
Isaac Stern et, plus récemment, Itzhak Perlmann et Shlomo Mintz.
Présent dans la musique de chambre, les sonates, symphonies,
concertos, le violon, soliste ou d'accompagnement, s'identifie à
la musique classique occidentale dans son ensemble. Depuis les débuts
de la période baroque et jusqu'à ce jour, presque tous les
compositeurs ont écrit pour le violon : les quatuors de Haydn, Mozart,
Beethoven, Schubert, Brahms, les concertos de Mozart, Beethoven, Brahms,
Mendelssohn, Bruch, Tchaïkovski, Berg, Schönberg lui ont donné
un répertoire unique.
Il est néanmoins et également présent dans de
nombreuses cultures traditionnelles : juive, tzigane, notamment. Ces cultures
ont parfois façonné des interprètes qui ont enrichi
le style violonistique. Le violon a également connu un certain développement
dans le jazz.