Viole
 
 

Famille d'instruments à cordes frottées, très populaire en Europe entre 1500 et 1750 et remis en vogue au XXe siècle par des interprètes de musique ancienne. La viole doit se tenir verticalement entre les genoux de l'interprète et l'archet — de forme légèrement convexe, à la différence de l'archet concave du violon — par la main, la paume pointée vers l'extérieur. Construite le plus souvent en trois tailles (violes soprano, ténor et basse), la viole a un long corps et des «épaules» tombantes; le fond revient à angle droit près du manche. Elle a un chevalet semblable à celui du violon, des ouïes en forme de C et son manche est garni de frettes en boyaux noués qui contribuent à sa sonorité claire et pénétrante. Les six cordes en boyau sont accordées (pour la viole ténor) en sol do fa la ré1 sol1 (do = do en-dessous le do naturel; do1 = do au-dessus du do naturel). La viole soprano est accordée selon le même schéma, mais elle commence sur le ré; la basse commence sur le ré. Moins répandue, la viole basse, accordée un octave plus bas, est un ancêtre de la contrebasse moderne. Aux XVIe et XVIIe siècles, des violes d'une famille particulière constituaient les instruments favoris, utilisés dans la musique de chambre, de compositeurs comme Henry Purcell, dont les fantaisies pour violes figurent parmi ses œuvres majeures. En Angleterre, la viole d'amour — une viole basse de petite taille employée pour la musique de solo complexe — devint également populaire. Avec l'ascension de l'orchestre dans les années 1700, le violon vola définitivement la vedette aux violes ténor et soprano. La viole basse, ou viole de gambe, subsista et fut mise en valeur par des virtuoses comme le Français Marin Marais (1656-1728) et le gambiste et compositeur allemand Carl Friedrich Abel (1723-1787). Jean-Sébastien Bach utilisa également cet instrument dans le sixième Concerto brandebourgeois.