Des formes de tambours existent dans le monde entier et pratiquement
dans toutes les cultures. L'origine de cet instrument remonte au moins
à 6000 av. J.-C. Presque partout, les tambours revêtent un
caractère cérémonial, sacré ou symbolique.
Dans certains pays d'Afrique, les tambours symbolisent et protègent
la royauté tribale et sont souvent placés dans des lieux
ou demeures sacrés. Dans l'ensemble de l'Asie centrale, en Sibérie,
et dans certaines tribus indigènes d'Amérique du Nord, les
tambours sur cadre peu profonds, à une ou deux membranes, sont utilisés
comme instruments rituels par les sorciers ou les guérisseurs.
Le tambourin, tambour sur cadre à une seule membrane, muni ou
non de cymbalettes, est un instrument traditionnellement réservé
aux femmes dans les pays islamiques, comme il le fut, semble-t-il, souvent
dans l'Antiquité et dans l'Europe médiévale.
Par ailleurs, le tambour est souvent utilisé comme moyen de
communication. En Afrique, les tam-tams imitent les intonations de la voix
humaine et permettent de transmettre des messages à plusieurs kilomètres
à la ronde. La caisse claire, utilisée dans les régiments
d'infanterie européens, servait à communiquer des instructions
aux soldats et cadençait leur marche à pied.
Le rôle musical des tambours varie, allant du simple marquage
des temps aux rythmes et contre-rythmes les plus complexes. Dans la musique
classique islamique et indienne, les tambours fournissent des rythmes compliqués
pour accompagner une mélodie. En Afrique, les ensembles de tambours
jouent des rythmes élaborés, superposés les uns aux
autres, avec des longueurs et des temps différents. Leur coordination
est assurée par un «tambour maître».
Tambours les plus courants
La caisse claire possède huit à dix boyaux, regroupés
en une corde fixée sous la peau inférieure ou peau de timbre
; cette corde vibre contre les membranes lorsque ces dernières sont
frappées. La caisse claire est apparentée au tabor, un tambour
à deux membranes, souvent doté d'un boyau simple, joué
en association avec un chalumeau à trois trous dans la musique populaire
européenne « moderne », comme il l'était au Moyen
Âge. La grosse caisse de la musique militaire turque a fait son apparition
dans la musique européenne au XVIIIe siècle. Les bongos
en forme de godets, que l'on joue par deux, et le conga cylindrique, ou
en forme de tonneau, sont des tambours à une membrane provenant
d'Afrique et de Cuba. Le tom-tom est un tambour à deux membranes
peu profond, utilisé par les tribus indiennes d'Amérique
du Nord.
Classification
Les tambours font partie des instruments membranophones, ce qui signifie que leur son est produit par une membrane vibrante. Le tambour à friction (rommelpot) est membranophone, mais il ne fait pas partie des instruments à percussion. Il se compose d'une peau tirée sur le haut d'un pot et traversée par un bâton que l'on tire de bas en haut pour faire vibrer la membrane. Certains tambours tels que les tambours en acier des Caraïbes ne s'apparentent pas aux membranophones ; ils sont entièrement constitués de matériaux solides qui résonnent et sont donc classés dans la famille des idiophones. Le tambour à fente qui se retrouve dans de nombreuses cultures tribales est également un idiophone ; il est réalisé à partir d'un tronc d'arbre fendu dans sa longueur et évidé inégalement.