Un jeune prodige
Dès l'âge de six ans, Mozart devint un virtuose
du pianoforte, l'ancêtre du piano et du violon. Il étonnait
par sa capacité à improviser et à déchiffrer
les partitions. Il composa cinq courtes pièces pour pianoforte qui
sont restées célèbres. En 1762, son père décida
de l'emmener en tournée dans les cours d'Europe, où on lui
fit un triomphe. Ces voyages furent éprouvant pour l'enfant. De
cette époque datent les premières sonates pour clavecin et
violon (1763), une symphonie (1764) et un premier essai d'opéra-bouffe,
La Finta Semplice (1768). Décoré par le pape de l'ordre de
l'Éperon d'or, il fut aussi nommé maître de concert
auprès de l'archevêque de Salzbourg en 1769. Cette année-là,
il composa Bastien et Bastienne, un Singspiel, sorte d'opéra miniature
en allemand et, en 1770, on lui commanda son premier opera seria, un opéra
sérieux, d'inspiration antique. Ce Mithridate, Re di Ponte, créé
à Milan, assura à Mozart un succès international en
tant que compositeur.
De retour à Salzbourg, Mozart réussit à
s'imposer, malgré le peu d'intérêt pour la musique
du nouvel archevêque. Les larges loisirs que lui laissaient sa charge
de maître de concert lui permirent de se consacrer à la composition.
Mais la survie financière de la famille n'allait pas sans mal et,
en 1777, Mozart, accompagné de sa mère, repartit en tournée
dans les cours allemandes et à Paris.
Les années difficiles
À la recherche d'un poste stable dans une cour
d'Europe, Mozart connut plusieurs déceptions. Attiré par
le prestige musicale de la ville, il gagna Mannheim où il espérait
être reconnu. Il y tomba amoureux de la chanteuse Aloysia Weber.
Incompris, rejeté, Mozart et sa mère rejoignirent Leopold
à Paris. Échec amoureux, difficultés financières,
Mozart fut marqué par l'arrogance des aristocrates et vécut
la mort de sa mère à Paris comme un drame intime. Le retour
à Salzbourg en 1779 mit fin à la période la plus sombre
de la vie du compositeur.
Messes, sonates, concertos, symphonies, Mozart fut au
fait de sa maturité musicale. Il sut inventer un style particulier
et se mit à exploiter de nouveaux moyens musicaux. Le succès
d'Idoménée (1781) lui assura les faveurs de la cour salzbourgeoise
juqu'à ce que les intrigues l'obligent à partir pour Vienne.
Aidé par quelques amis, il espérait y vivre en donnant des
leçons. C'est à cette époque que l'empereur d'Autriche,
Joseph II, lui passa commande d'un nouveau Singspiel en allemand. Mozart,
s'inspirant des « turqueries » alors en vogue, composa L'Enlèvement
au sérail en 1782, année où il épousa finalement
la sœur d'Aloysia, Constance Weber.
La pauvreté et la maladie rythmèrent la
vie du nouveau couple Mozart.
En collaboration avec le grand librettiste Lorenzo Da
Ponte, Mozart put enfin donner la pleine mesure de son talent avec des
opéras comme Les Noces de Figaro (1786), Don Juan (1787) et Cosi
fan tutte (1790).
Si le succès à Prague de Don Juan fut retentissant,
Mozart continua de souffrir de l'indifférence viennoise. Seule une
commande impériale, l'opera seria La Clémence de Titus (1791),
sur un livret de Métastase, rendit à Mozart un peu d'espoir.
Alors qu'il travaillait à un nouveau Singspiel sur un thème
féérique, La Flûte enchantée (1791), Mozart
reçut, selon la légende, la visite d'une femme vêtue
de noir qui lui commanda un requiem. Il laissa inachevé cette œuvre
ultime et sombre, et mourut à Vienne le 5 décembre 1791 des
suites d'une insuffisance rénale. Sous une pluie battante, le maigre
cortège des fidèles se dispersa, abandonnant le corps de
Mozart à la fosse commune. Ses dernières symphonies furent
créées sous la direction d'un autre compositeur et son élève
Franz Xaver Süssmayr (1766-1803) paracheva la composition du Requiem.
Un compositeur de génie
Sa mort prématurée et le relatif insuccès de sa carrière n'ont pas empêché Mozart de devenir l'un des musiciens les plus célèbres au monde. L'importance quantitative (plus de 600 œuvres) et qualitative de la musique mozartienne démontra une immense puissance d'imagination et ce, dès son plus jeune âge. Il a abordé tous les genres avec talent : symphonies, musique de chambre, œuvres pour pianoforte et concertos, mais aussi musique vocale, des fameux « Airs de concert » aux œuvres religieuses, sans oublier bien sûr l'opéra. Il composait avec une facilité déroutante et souvent sans corriger ses partitions, son intuition première étant souvent la meilleur. Son œuvre a su réconcilier la légèreté italienne et le savoir-faire contrapuntique des Allemands pour inventer cette synthèse musicale que l'on a appelée le style « classique », typique de la fin du XVIIIe siècle. Claire, concise, équilibrée, il souffle la vie dans la musique de Mozart, au travers de ce que l'on appelle la pulsion mozartienne, une puissance de rythme et d'inspiration qui rappelle les battements du cœur. Passant de la légèreté à la gravité, les concertos sont de beaux exemples de contrastes et de la richesse des couleurs. Dans ses opéras, Mozart a su créer pour la première fois de vrais personnages, humains et fragiles, loin des chevaliers emplumés de l'opéra baroque. Entre force et tendresse, entre gaieté et tragédie, le langage de Mozart est universel.