LA REVOLUTION ET L'EMPIRE
 
 
 

Œuvres de circonstance

La Révolution qui met fin à l’Ancien Régime, hérite du classicisme le goût de l’Antiquité, et souhaite créer un art populaire exaltant les sentiments patriotiques des foules et leur amour de la liberté.  Aux manifestations de masse, aux cérémonies civiques, la musique prend une large part sous forme d’hymnes révolutionnaires ou de chants héroïques commentant les événements : La Carmagnole, Ca ira, La Marseillaise (Rouget de Lisle), Le Chant du Départ (Méhul). De féconds musiciens contribuent à donner à ces fêtes qui se déroulent généralement en plein air, l’éclat nécessité par l’emploi d’énormes ensembles vocaux et instrumentaux.
GOSSEC (1734-1829) - influencé par Stamitz, chef de l’école de Mannheim et fondateur de la symphonie pour orchestre -, introduit en France cette forme classique. Mais dès 1789, nommé directeur de la musique des fêtes nationales, puis avec Lesueur et Cherubini, inspecteur du Conservatoire - créé en 1795 et dirigé par Sarrette -, il se consacre à ses fonctions et compose vingt-huit hymnes révolutionnaires.
LESUEUR (1760- 1837) en écrit dix-huit qu’il utilisera en partie plus tard dans ses œuvres religieuses.
 

L’art dramatique

En cette époque de transition - charnière du classicisme et du romantisme - l’art dramatique connaît un développement sans précédent. De nombreuses salles de théâtre ouvrent leurs portes à Paris (une soixantaine) représentant des œuvres de circonstance sans grande originalité. Cependant des jeunes musiciens de valeur se tournent volontiers vers l’opéra-comique qui supplante peu à peu l’opéra.  L’un des premiers, MÉHUL (1763-1817) donne une impulsion nouvelle à la musique dramatique.  Euphrosine et Coradin (1790), Stratonice (1792), Le Jeune Henry (1797) contiennent quelques pages d’une vigueur peu commune et d’un accent tout personnel. Avec Joseph, opéra-comique en trois actes (1807) - son chef-d’oeuvre - il atteint à une perfection de style, à une noblesse d’expression qui font souvent songer à Gluck. Deux recueils de sonates pour le piano-forte, quatre symphonies, de nombreuses romances attestent la souplesse et la variété de son inspiration et son goût pour les recherches instrumentales.
Italien de naissance, naturalisé français, CHERUBINI (1760-1842), fixé à Paris depuis 1788, devient directeur du Conservatoire (1821), et remplit également depuis 1815 les fonctions de surintendant de la musique du Roi. Ses œuvres religieuses (Requiem, 1816) et dramatiques (Lodoïska, 1791; Médée, 1797, Le Porteur d’Eau, 1800), ses quatuors témoignent d’un équilibre de la construction et d’une richesse d’écriture qui surclassent ses contemporains.