LA MUSIQUE RELIGIEUSE
 
 
 

A côté de la musique liturgique étroitement liée aux cérémonies du culte, existe une musique d’ordre spirituel, intermédiaire entre le sacré et le profane, quelque peu diversifiée selon les pays, et qui trouvera sa place au concert.
 

L’oratorio en Italie

Le Florentin PHILIPPE DE NÉRI, fondateur de l’ordre des Oratoriens, avait coutume de faire chanter chaque jour pour l’édification de sa communauté des hymnes nommées Laudi Spirituali, composées dans le style polyphonique, d’abord par ANIMUCCIA, maître de la Chapelle Pontificale, puis par PALESTRINA. Ces cantiques prennent peu à peu une forme dialoguée, deviennent narratifs et dramatiques, et le récitatif apparaît. Ils comprennent bientôt tous les éléments de l’opéra, mais sans mise en scène, ni costumes, et s’écrivent en langue latine ou vulgaire sur un texte religieux. Du nom du lieu de son exécution, ce genre musical prend le nom d’oratorio. Comme celle de la tragédie lyrique, son origine semble également remonter aux Mystères, et aux Représentations Sacrées du Moyen Age. Dès ses débuts, l’oratorio italien connaît un grand succès dans toute la péninsule. CARISSIMI (1605-1674) perfectionne l’oratorio en langue latine. en concrétisant les personnages, en donnant plus d’importance à la mélodie, et en tirant des chœurs des effets dramatiques émouvants. SCARLATTI (1659-1725), auteur de vingt messes, deux cents psaumes, environ sept cents cantates, traite tous les genres avec une facilité et une maîtrise déconcertantes.
 

L’oratorio et la cantate en Allemagne

De dimensions plus restreintes que l’oratorio, la Cantate qui met en relief 1a virtuosité des chanteurs, comprend primitivement un air pour voix seule. Peu à peu s’y adjoignent des ensembles et des récitatifs.  Bien que l’Italien CARISSIMI (1605- 1674) cultive la cantate d’église et la cantate de chambre avec autant de perfection que l’oratorio, c’est en Allemagne qu’il faut chercher les plus grands compositeurs de cantates du XVIIe siècle.  Le Thuringeois HEINRICH SCHÜTZ (1585-1672), élève de Gabrieli, s’initie à Venise à la polyphonie autant qu’au récitatif cher aux Florentins, et à l’art de Monteverdi. Nommé maître de chapelle à Dresde dès son retour en Allemagne, il y demeure toute sa vie. Profondément religieux et très cultivé, Schütz écrit des Psaumes, des Concerts Spirituels, des Symphonies Sacrées, des Passions qui présentent le plus grand intérêt par l’harmonieuse fusion du génie allemand et des conceptions italiennes.  En Allemagne du Nord, s’illustre l’organiste Bux TEHUDE (1637-1707) qui écrit de nombreuses cantates aux accents tantôt vigoureux, tantôt pleins de douceur et dont la renommée gagne toute l’Europe.
Le choral, création allemande datant de la Réforme se présente sous la forme d’une courte mélodie partagée en périodes semblables très nettes, et s’intercale de plus en plus dans l’oratorio.
 

Le Motet en France

Subjugués par l’autorité toute-puissante de Lully, quant au drame lyrique, les compositeurs français DUMONT (1610-1684), LALANDE (1657-1726), MARC-ANTOINE CHARPENTIER (1634-1704), CAMPRA (1660-1744), s’orientent vers le Motet, genre apparenté à la cantate, mais plus réduit dans ses proportions.