L’ART CLASSIQUE
XVIIe siècle
 
 
 

Formation de l’art classique

Vers la fin du XVIe siècle, les musiciens attirés par l’art lyrique jugent nécessaire de redonner au poème la place prépondérante qu’il occupait autrefois dans le drame grec, et qu’il avait perdue au temps de la polyphonie. Le classicisme littéraire, étroitement lié à la doctrine cartésienne de la raison, exerce évidemment son influence dans les divers domaines de l’esthétique. Des formes nouvelles surgissent, qui serviront d’assise à toute la musique moderne : mélodie accompagnée, récit chanté ou récitatif, cantate, opéra, oratorio. Mais la musique instrumentale n’est pas délaissée pour autant. Les luthiers italiens apportent à la famille des violes d’ultimes perfectionnements. L’orgue et le clavecin vont connaître la plus grande faveur, tandis que le luth, très pratiqué aux siècles précédents, tombe peu à peu en désuétude. Dans son monumental ouvrage Harmonie Universelle contenant la théorie et la pratique de la musique, paru à Paris en l636, le Père Mersenne, ami de Descartes, expose les dernières conquêtes de la science musicale en ce début du XVIIe siècle.