Introduction
Alors que le romantisme littéraire tend à disparaître
après 1850 pour faire place à des tendances toutes nouvelles,
le romantisme musical, au contraire, va pour longtemps encore prolonger
son influence. Durant la seconde partie du XIXe siècle, tandis
que la puissance et la nouveauté de l’art dramatique wagnérien
risquent de submerger toute tentative originale, chaque peuple, se tournant
vers son passé et s’inspirant de son folklore, tente de créer
un art national.
En France, après la mort de Berlioz
(1869), le mouvement musical devient assez complexe : certains compositeurs
tels que César Franck et ses disciples
montrent leur admiration pour Wagner;
d’autres (Bizet, Lalo,
Saint-Saëns) sont imprégnés
d’une tradition plus latine. Vers la fin du siècle, les modes littéraires
et picturales vont également influencer l’évolution musicale.
Le naturalisme, retour à l’expression de la réalité,
règne dans la littérature et dans les arts plastiques de
1850 à 1885 environ (Flaubert, Zola, Maupassant; Carpeaux, Courbet,
Rodin). A la poésie parnassienne qui sonne le glas du romantisme,
succède l’école symboliste avec Verlaine et Mallarmé,
et pour la peinture, Manet, Renoir et Claude Monet. Enfin au début
du XXe siècle, les groupes ou « chapelles » littéraires
vont se multiplier.